TL;DR: This article explores the translatability of ancient Greek terms πόλις (city) and πολίτης (citizen), tracing their evolution from Babylonian texts to European scholarship, highlighting the challenges and strategies employed in translating these complex, culturally nuanced words.
Abstract: Cet article se penche sur le terme πολίτης en grec et le terme πόλις dont il procède, en tant que potentiels « intraduisibles », des mots qu’il est très difficile de traduire, au prix d’hésitations quant à la stratégie traductologique à adopter et parfois d’approximations sémantiques. Nous prenons comme point de départ le mot puliṭê, un emprunt lexical qu’on rencontre dans des textes astronomiques babyloniens de l’époque hellénistique. En effet, il est saisissant que, bien qu’ils fussent séparés par plus de 2000 ans, les savants occidentaux et les scribes babyloniens aient en commun leur difficulté à traduire le mot πόλις et les termes dérivés, préférant généralement le recours à l’emprunt et la création de néologismes. On peut ainsi se demander si ce refus de la traduction par équivalent sémantique dans la langue réceptrice relève d’un choix philologique ou d’une difficulté linguistique à traduire véritablement les mots de πόλις et πολίτης pour des raisons anthropologiques.
TL;DR: In this article , the authors describe the découverte d'une nouvelle culture méditerranéenne, celle des Ibères, avant tout le fait d'hommes de science pétris de culture classique, quand les débats sattachent d'abord à en démêler l'origine en partant du principe qu’un peuple « barbare » ne peut avoir donné naissance à lui seul à une culture matérielle originale.
Abstract: Entre la fin du xixe et le début du xxe siècle, la découverte d’une nouvelle culture méditerranéenne, celle des Ibères, est avant tout le fait d’hommes de science pétris de culture classique. Qu’il s’agisse d’étudier leur grande sculpture en pierre ou leurs productions céramiques, les débats s’attachent d’abord à en démêler l’origine en partant du principe qu’un peuple « barbare » ne peut avoir donné naissance à lui seul à une culture matérielle originale. Il a nécessairement été éduqué par des voisins plus « civilisés ». Les discussions tournent en partie autour de la part qu’il convient de réserver aux influences grecques et phénico-puniques. Un tel dossier permet donc de saisir le regard que portent les érudits d’alors sur les mondes phéniciens et carthaginois, sur leur art et, partant, sur leur goût. Leurs discours s’élaborent dans un contexte bien particulier qui se reflète avec force dans la production historiographique d’alors : celui de La France juive d’Édouard Drumont et de l’affaire Dreyfus.
TL;DR: The notion of goût was introduced by Renan et al. as mentioned in this paper to disqualify the culture phénicien from the regard of l'héritage antique: the culture grecque for la raison et la beauté, the culture judéo-chrétienne for le monothéisme and la morale.
Abstract: Dans sa Mission de Phénicie, Ernest Renan a recours à la notion de goût, fondamentalement pour disqualifier la culture phénicienne au regard des deux cultures qui constituent, à ses yeux, les piliers de l’héritage antique : la culture grecque pour la raison et la beauté, la culture judéo-chrétienne pour le monothéisme et la morale. On s’efforce donc de comprendre les ressorts de cette vision en la situant à la fois dans l’œuvre de Renan et dans son contexte historique. On étudie également les prolongements de cette théorie et sa remise en question aux xxe et xxie siècles.
TL;DR: The authors propose ici une première incursion dans l'immense corpus fourni par la culture pop (populaire), à la recherche des Phéniciens au sens large.
Abstract: Nous proposons ici une première incursion dans l’immense corpus fourni par la culture pop (populaire), à la recherche des Phéniciens au sens large. L’enquête est construite sur un résumé des mentions et représentations des Phéniciens au cinéma, dans la littérature au sens large, dans les BD, la musique et les jeux vidéo, puis sur leur analyse, dans l’objectif de comprendre quels rapports entretient le grand public avec cette société ancienne.
TL;DR: Gouin et al. as discussed by the authors made a contribution très importante to the Musée Archéologique National de Cagliari, grâce au matériel allant de la période nuragique à lépoque romaine impériale.
Abstract: La personnalité de Léon Gouin, ingénieur des mines qui a longtemps vécu en Sardaigne, est bien connue par les spécialistes des antiquités de l’île. Sa raccolta che può dirsi «un museo», selon la définition du chanoine Spano, doyen de l’archéologie sarde, a apporté une contribution très importante au Musée Archéologique National de Cagliari, grâce au matériel allant de la période nuragique à l’époque romaine impériale. Une attention particulière à l’architecture des tombes et aux objets puniques est visible dans les lettres envoyées par l’ingénieur au père Delattre et conservées près de la Casa Generalizia dei Padri Bianchi de Rome : ces documents de correspondance nous permettent de réfléchir sur la perception de la culture punique en Sardaigne après la moitié du xixe siècle par les amateurs d’archéologie, ainsi que sur la pratique fructueuse de l’échange d’informations savantes avec les érudits les plus reconnus.
TL;DR: In this paper , the monde savant moderne n’a pas manqué de noter que l’habit sert à construire l'identité, and le souci de barbariser les Carthaginois à travers l'accoutrement était un souci partagé.
Abstract: Le monde savant moderne n’a pas manqué de noter que l’habit sert à construire l’identité. Conscients à leur tour que les identités s’expriment, entre autres, à travers les apparences, Plaute et Timée focalisent alors sur le goût vestimentaire punique afin de stigmatiser les Carthaginois et les dépeindre comme un peuple barbare et indolent. Il s’avère que le souci de barbariser les Carthaginois à travers l’accoutrement était un souci partagé. Ainsi, rien de surprenant si Diodore de Sicile insiste sur l’habillement en lambeaux porté par Himilcon après sa défaite devant les murailles de Syracuse ; détail qui n’est pas sans rappeler l’image de Xerxès I de retour à Suse dans les Perses d’Eschyle. Quant à Polybe, et sur un ton inhabituel chez lui, il préfère plutôt décrire la chlamyde de pourpre bariolée portée par le dernier dirigeant carthaginois Hasdrubal. Ainsi, et par de petites touches, il dépeint un général carthaginois efféminé exerçant un pouvoir absolu sur une cité endeuillée.
TL;DR: Pétrarque attire l'attention de son lectorat sur ses représentations of la terre d'Afrique, which sy manifeste surtout par ses habitants as discussed by the authors .
Abstract: Par le titre même d’Africa qu’il choisit pour son épopée à la gloire de Scipion, Pétrarque attire l’attention de son lectorat sur ses représentations de la terre d’Afrique, qui s’y manifeste surtout par ses habitants. À côté d’une représentation collective négative des Carthaginois, héritée des auteurs anciens, il façonne des personnages complexes, Hannibal, Sophonisbe, Magon et Hasdrubal le Chevreau. Ceux-ci sont plus que de simples faire-valoir de Scipion : ils donnent leur saveur au texte en incarnant l’humanité dans ses passions.
TL;DR: In this paper , auteurs s'inscrivirent dans une démarche plus critique à l'encontre de la colonisation, recoururent notamment à un lexique hérité de l'Antiquité classique dans leurs œuvres, and résultent la plupart du temps d'une logique auto-justificatrice.
Abstract: Les fondations coloniales anglaises en Amérique du nord s’accompagnèrent d’une quantité de textes visant à décrire la colonisation, à justifier ses buts ou à décrire l’environnement et les populations locales de façon compréhensible. Les premiers colons recoururent notamment à un lexique hérité de l’Antiquité classique dans leurs œuvres. Si ces ouvrages résultent la plupart du temps d’une logique auto-justificatrice, certains auteurs s’inscrivirent dans une démarche plus critique à l’encontre de la colonisation.
TL;DR: In this article , a lecture of l'œuvre d'Appien, on remarque que l'auteur excelle dans l'art de la description.
Abstract: À la lecture de l’œuvre d’Appien, on remarque que l’auteur excelle dans l’art de la description. Intelligemment insérée dans la narration et loin d’être un simple artifice de rhétorique, l’ekphrasis permet de dépeindre une situation et de rendre l’émotion du moment. La fin tragique de la grande métropole africaine chez l’auteur alexandrin s’apparente à une mise en forme tragique d’une narration historique. Le recours à un programme narratif où foisonne un vocabulaire qui renvoie directement à l’univers du théâtre tragique en apporte la confirmation. En dépit du problème lancinant des sources de l’œuvre, la présente contribution se propose de dégager les ressorts de la description des différentes manifestations frénétiques du peuple de Carthage face à la décision romaine de détruire la ville afin de mettre en saillie le parallèle entre ces manifestations dans un récit à vrai dire protéiforme mais qui se veut historique et les mêmes thèmes omniprésents dans les œuvres tragiques.
TL;DR: The sculpted divine reliefs of the Roman period in Lebanon bear witness to themes and motifs that often predate the 1st century BC and are clearly of regional inspiration as discussed by the authors .
Abstract: The sculpted divine reliefs of the Roman period in Lebanon bear witness to themes and motifs that often predate the 1st century BC and are clearly of regional inspiration. Yet Philo of Byblos insisted on the originality and antiquity of the local pantheons. In fact, the treatment of the façade of the temple of Chhîm (2nd century AD) can be compared to the Sidonian naiskoi dated to the 9th-5th century BC. The theme of the winged sun, found in Byblos, Chhîm or Baalbek, of Egyptian inspiration, attests to a long iconographic continuity between ancient Phoenicia and Roman sculpted decorations. The divinities flanked by animals, the so-called Astarte thrones or the figures of priests with conical caps performing on thymiaters confirm the rooting of the representations in an oriental substrate.
TL;DR: In 2010, soit douze ans après le premier film d'Antiquité, Didon, la reine de Carthage, surgit sur les écrans italiens, suivie par diverses relectures de Salam(m)bô : l’opéra et la littérature du xixe siècle, sources d’inspiration essentielle du cinéma européen naissant, fournissent au 7e art les premières images and archétypes concernant Carthage as mentioned in this paper .
Abstract: Si les Phéniciens sont quasiment absents des écrans de cinéma et de télévision, les Carthaginoises et les Carthaginois ont fait leur apparition dès les débuts du cinéma. En 1910, soit douze ans après le premier film d’Antiquité, Didon, la reine de Carthage, surgit sur les écrans italiens, suivie par diverses relectures de Salam(m)bô : l’opéra et la littérature du xixe siècle, sources d’inspiration essentielle du cinéma européen naissant, fournissent au 7e art les premières images et archétypes concernant Carthage, partenaire passionnelle de Rome. Le cinéma italien construit progressivement un mythe cinématographique de l’étrange et terrifiante Carthage, utile pour fasciner et édifier le spectateur européen en le convaincant de la supériorité nécessaire de la cité romaine et de la justification du destin tragique de la cité punique. Le contexte évolue progressivement après la Seconde Guerre mondiale, avec la multiplication des films américains et anglais mettant en scène la figure renouvelée d’Hannibal, et le développement d’un intérêt progressif pour la représentation des Puniques à l’écran, dans un contexte artistique et technique qui évolue jusqu’au « Nouveau Péplum » du xxie siècle.
TL;DR: The image of the Carthage punique prend place dans la culture coloniale for souligner une limite identitaire, ou aider à la réflexion sur l'empire as discussed by the authors .
Abstract: Positive ou plus souvent négative et orientaliste, l’image de la Carthage punique prend place dans la culture coloniale pour souligner une limite identitaire, ou aider à la réflexion sur l’empire. C’est en utilisant ce terrain documentaire et idéologique balisé par la science coloniale que l’historien al-Mîlî, lié aux Oulémas de Ben Badis, décrit en 1927 une Carthage proche par ses origines orientales de « la personnalité algérienne », et contribuant largement au développement civilisationnel des Berbères qui font la « nation algérienne ». L’affirmation du FLN amènera une vision plus radicale où Carthage rejoint le camp des impérialistes.